«
L'imaginaire au pouvoir »
Extrait
de l'article de Mylène Roy paru dans la revue « Elle
Québec » de juillet 2001
[...]
Si j'ai rarement douté des qualités intuitives des divinateurs
prisés, c'est tout l'aspect magique ou mystique entourant
leur don qui me met mal à l'aise. Trop mystérieux,
trop désincarné. À ce compte, on n'a pas vraiment évolué
depuis le moyen-âge. Si on avait jugé les capacités
extra-lucides des sorcières comme étant humaine plutôt
que diaboliques, on saurait peut-être déjà que les êtres
sont dotés d'un potentiel extraordinaire qu'on préfère
déléguer aux esprits ou aux astres. Aujourd'hui, bien
qu'on n'extermine plus les intuitifs et qu'on ne les
associe plus au diable, on attribue souvent leurs aptitudes
à un lien avec un outre-monde. Guère plus humain, guère
moins mystérieux.
Si
on n'avance pas plus vite sur ce plan, c'est que la
collectivité humaine a toujours craint, dénigré et inhibé
l'instrument qui la mettrait en lien direct avec ses
aptitudes intuitives et son monde inconscient: l'imaginaire!
C'est ce qu'affirme Sylvain Bélanger, auteur de l'étoffé
manuel L'Écoute Imaginaire, en soutenant ne rien
inventer. Sa valorisation d'une intelligence propre
au monde imaginaire le lie autant aux chamans
de tous les temps qu'à un psychanalyste comme Carl G.
Jung. Ainsi, cette simple- bêtement humaine et apparemment
insensé- imagination serait l'organe de transmission
privilégié de notre vie inconsciente. Dans la mesure
où l'on prête une attention de plus en plus sensible
à ses manifestations mentales et physiques, même les
plus minimes : images, voix sensations.
Dans
la mesure où, également, on évite d'interpréter hâtivement
ces manifestations, comme le font plusieurs clairvoyants,
et qu'on s'exerce plutôt à décoder leur message. On
accède à une plus grande connaissance de soi en interrogeant
et en confrontant les informations reçues, et non pas
en leur attribuant une sagesse... magique.
Quand
M. Bélanger, qui pratique lui-même la clairvoyance,
a rompu avec son statut occulte de médium, une partie
de sa clientèle s'est envolée [...] Serait-ce qu'on
n'est pas encore prêt à ce que certaines Magies perdent
leur majuscule? [...]