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La fin du XIXe siècle a vu une recrudescence d'écoles
ésotériques qui reconnaissaient les pouvoirs psychiques.
Plusieurs auteurs ont écrit des ouvrages alors qu'ils se disaient
en contact télépathique avec des êtres désincarnés. Ces
ouvrages, toujours populaires aujourd'hui, sont habituellement
riches d'informations quoique pas toujours très clairs.
Mentionnons à titre d'exemple La Doctrine secrète de Mme
Blavatsky20 et le Traité des sept rayons d'Alice A. Bailey21. Les
écrits de Mme Blavatsky ont donné le jour à l'école de
théosophie et ceux de Mme Bailey à l'école Arcane.
On retrouve fortement l'esprit de la tradition indienne dans
ces ouvrages. Les aptitudes intuitives sont utilisées uniquement
par des êtres choisis par un maître spirituel qui, après un long
cheminement spirituel, parviennent à recevoir de l'information
de leur maître par contact télépathique. L'enseignement
précieux que le maître transmet au médium est le plus souvent
inaccessible pour le commun des mortels. Il est en fait fortement
relié à un système ésotérique ou religieux dissocié de la réalité
terrestre.
Il a fallu attendre le début du XIXe siècle pour qu'un
mouvement spirituel ose proposer un enseignement sur les
aptitudes intuitives. C. W. Leadbeater, Annie Besant et
Geoffrey Hodgson, tous du mouvement théosophique, furent
les premiers à utiliser leurs aptitudes intuitives (ici la
clairvoyance) pour proposer une représentation visuelle des
structures énergétiques d'un être humain. Ils furent également
les premiers auteurs à parler de l'intérêt d'utiliser ses aptitudes
intuitives afin de percevoir les auras, les corps subtils, les
chakras et les formes-pensées. Les rares ouvrages présentant les
possibilités de la clairvoyance proviennent également de ce
mouvement. Il y est clairement dit que tous peuvent développer
ces habiletés.
L'enseignement donné dans ces ouvrages se distingue de la
tradition indienne car on y propose d'utiliser les aptitudes
intuitives comme outil thérapeutique. L'enseignement pour
développer ces aptitudes demeure toutefois très occulte.
L'étudiant doit patiemment méditer pour développer son
“troisième oeil”, signe que la glande pinéale est “éveillée”. Cette
pratique est très fortement reliée à un développement spirituel
donnant ainsi un pouvoir particulier à ceux qui possèdent ces
aptitudes. L'imaginaire est ici complètement ignoré. Le
développement intuitif se produit comme par magie dès que le
troisième oeil est ouvert.
Les enseignements théosophiques ont également influencé
les guérisseurs spirituels qui ont totalement intégré les aptitudes
intuitives à leur pratique. C'est le cas de Geoffrey Hodgson,
clairvoyant-guérisseur de l'école de théosophie selon qui le
guérisseur, pour être en mesure d'effectuer une juste évaluation
de l'état d'une personne, doit avoir la capacité de percevoir :
– de manière visuelle, auditive ou kinesthésique l'intérieur de
toutes choses ; il peut ainsi évaluer l'état des systèmes et
organes du corps physique ;
– les émotions et les pensées, afin d'établir des relations entre
les conditions du corps mental et du corps émotionnel et
celles des corps énergétique et physique ;
– le corps énergétique afin d'évaluer l'état énergétique d'un
individu ; cette évaluation permet d'établir des relations
entre l'état du corps énergétique et celui du corps
physique ;
– le corps causal, dépourvu de spatialité et de temporalité,
afin d'évaluer comment des vies antérieures (le karma)
affectent les corps mental, émotionnel, énergétique et
physique de la personne.
Extrait du livre : L’Écoute Imaginaire de Sylvain Bélanger et Fabienne Scott, Édition Quintessence, 2004
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