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Le célèbre Sigmund Freud, père de la psychanalyse, a
reconnu avoir vécu des phénomènes de télépathie au cours de
sa pratique. Étonnamment, Freud a toujours été intéressé aux
phénomènes paranormaux. Il fut même membre de la Society
for Psychical Research de Londres de 1911 à 1938 et il tenta d’expliquer les phénomènes télépathiques dans son ouvrage Psychanalyse et télépathie . Freud y
conclut : “On semble obligé d'admettre dans ce cas la possibilité
de transfert d'une personne à une autre d'un désir inconscient
ainsi que de pensées et de faits qui lui sont associés.
Ainsi, si le psychanalyste reconnaît que son patient est
animé par une vie psychique et des rêves qui se manifestent à
lui comme des corps étrangers, il est certes possible d'avancer
que dans certains cas le patient puisse effectivement se mettre
en contact avec les pensées de son thérapeute. En effet, dans
une lettre à Weiss du 24 octobre 1932, Freud écrivit : “Je suis, il
est vrai, prêt à croire que, derrière tout phénomène soi-disant
occulte, se cache quelque chose de nouveau et de très
important : le phénomène de la transmission de pensée, c'est-à-dire
de la transmission de processus psychiques à d'autres
personnes dans l'espace.
Dans son livre Histoire et découverte de l'inconscient Henri
F. Ellenberger explique que les intérêts de Freud concernant les
phénomènes paranormaux demeurèrent dans l'ombre puisqu'à
son époque il était très difficile de faire reconnaître la
psychanalyse dans les milieux scientifiques. Son intérêt pour la
parapsychologie aurait donc pu compromettre la
reconnaissance de la psychanalyse. Freud saisissait très bien le
danger potentiel de voir récupérer la psychanalyse par les
partisans des sciences occultes.
Freud semble donc avoir reconnu un phénomène que les
mesmeristes avaient observé : lorsque les frontières du corps ne
sont plus clairement établies, un être peut par un phénomène
de transfert projeter sa conscience dans une autre personne afin
de capter des impressions, des pensées lui appartenant.
En plus de Freud, de nombreux autres psychanalystes tels
que Hollos, Roheim, Balint ont déjà observé des phénomènes
télépathiques lors de sessions psychanalytiques. Pierre Janet,
psychopathologiste de renom, multiplia les tests de télépathie et
de clairvoyance sous hypnose et il s'intéressa au phénomène de
la médiumnité. À partir de 1919, Pierre Janet semble cependant
renoncer à l'intérêt qu'il porte à la télépathie et à la médiumnité.
Selon la psychanalyste Élisabeth Laborde-Nottale, il semblerait
que la menace d'expulsion par l'Académie médicale aurait
contribué à ce désintérêt. Cette psychanalyste croit que le désintérêt ou la méfiance
concernant ces phénomènes chez les psychanalystes s'explique
par leur incapacité à analyser, maîtriser, ni dans leur théorie ni
dans leur pratique, ce type de phénomène. Le psychanalyste
Léon Chertok dans son livre Le Non-savoir des psy interprète le
désintérêt des psychanalystes envers la télépathie de la façon
suivante :
La dimension de la transmission de pensée est inquiétante pour
l'analyste car elle renvoie à un mode de communication prélangagier
dans lequel les sujets ne se distinguent plus l'un de
l'autre, mais se trouvent pris dans une relation fusionnelle
archaïque dont rien ne garantit qu'elle soit analysable.
Le psychiatre Jan Erhenwald propose dans son livre Le
Lien télépathique une hypothèse pour expliquer la télépathie.
Selon lui, il existe un consensus chez les psychologues pour
affirmer que la frontière entre l'ego de la mère et celui du
nourrisson n'est pas délimitée, leurs “moi” respectifs étant
fusionnés. Il suggère “...que la télépathie est réellement la
matrice embryologique de la communication ou du transfert
d'information, tout en étant destinée plus tard à être surpassée
par la parole.”
Selon lui, plusieurs phénomènes paranormaux,
dont la télépathie, pourraient s'expliquer par des tendances
régressives où l'individu tente de retrouver cet état fusionnel et
symbiotique qu'il a vécu avec la mère.
Selon le parapsychologue F. W. H. Myers, les
phénomènes de télépathie sont fréquemment observables entre
des individus ayant une relation émotionnelle profonde et
amoureuse. Il conclut que l'amour, la compassion et l'empathie
sont des éléments primordiaux pour que le mental transcende
les limitations du corps physique. Plusieurs autres études vont
dans le même sens que cette hypothèse.
Extrait du livre : L’Écoute Imaginaire de Sylvain Bélanger et Fabienne Scott, Édition Quintessence, 2004
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